dimanche 30 septembre 2018

Le rêve de Ryôsuke


Le jeune Ryôsuke manque de confiance en lui et souffre d'un mal-être qui puise son origine dans la mort prématurée de son père. Après une tentative de suicide, il part sur ses traces et s'installe sur l'île où celui-ci a passé ses dernières années. Là, sur ce bout de terre réputé pour ses chèvres sauvages, il va tenter de réaliser le rêve paternel : confectionner du fromage. Mais son projet se heurte aux coutumes locales et suscite la colère des habitants de l'île. A travers les épreuves de Ryôsuke, Durian Sukegawa évoque la difficulté à trouver sa voie, soulignant le prix de la vie, humaine comme animale, et pose une question essentielle : jusqu'où sommes-nous prêts à aller pour réaliser nos désirs?

Mon avis: 

J'avais de grande attente concernant ce livre puisqu'il est écrit par Durian Sukegawa, l'auteur Des délices du Tokyo. Néanmoins, je l'ai beaucoup moins aimé même si je reconnais que cette lecture était sympathique.

Ce que j'ai beaucoup apprécié, c'est qu'encore une fois, l'histoire est plutôt anodine mais ce livre soulève énormément de questions. En effet, ce récit interroge beaucoup sur notre manière de vivre et surtout sur notre consommation. En parlant de quelque chose d'aussi banal que la fabrication de fromages de chèvre, il parle de sujets plus profonds sur nos sociétés.

Le livre est aussi intéressant grâce à ces personnages. Les protagonistes sont assez atypiques, avec des personnalités particulières. Beaucoup ont été blessés par la vie mais ils essaient de continuer. On a l'impression qu'ils sont peu adaptés à notre monde mais ils essaient de se trouver une place. Je pense que c'est cela qui les rend attachants.

Tout cela fait que j'ai trouvé ce livre très émouvant dans sa simplicité. Le récit ne nous emmène pas dans des hauteurs phénoménales en matière d'émotions. L'auteur n'est clairement pas là pour faire pleurer dans les chaumières mais malgré tout, ce côté franc et naturelle rend l'histoire encore plus touchante!

Pour conclure, j'ai bien aimé ce livre parce qu'il nous pousse à réfléchir sur nos modes de vie, il met en scène des personnages atypiques mais attachants et sa simplicité le rend touchant.

jeudi 27 septembre 2018

Soufi mon amour


Après quarante ans d'une vie confortable, sans éclat ni passion, Ella n'imaginait pas un jour changer sa destinée. Engagée comme lectrice, elle découvre un manuscrit retraçant la rencontre au XIIIe siècle du poète Rûmi avec le plus célèbre derviche du monde musulman. C'est la révélation. Transcendée par cette histoire, elle s'initie au soufisme et à la splendeur de l'amour...

Mon avis:

Je m'attendais à une bonne lecture mais je ne m'attendais pas à avoir un coup de cœur pour ce livre-là. En effet, au début, j'ai eu très peur en découvrant le personnage d'Ella qui m'a semblé assez superficiel. Clairement, ce n'est pas la personne la plus originale qu'on puisse trouver dans un roman et ça m'a un peu tapé sur les nerfs. Heureusement on change rapidement d'histoire.

En effet, le format du livre est assez particulier puisque nous nous retrouvons avec une histoire au sein d'une histoire! On assiste à la lecture d'Ella d'un roman qu'elle doit lire et on plonge complètement dans ce manuscrit pour découvrir d'autres personnages avec une autre narration. J'ai trouvé que cette alternance entre le livre et les impressions de la lectrice était vraiment intéressant, même si j'ai préféré les chapitres parlant de Rûmi.

C'est vrai que j'ai complètement été séduite par la magnifique histoire qui raconte la rencontre entre Rûmi et Shams de Tabriz. Cette rencontre a réellement eu lieu et les personnages ont réellement existé mais j'ai adoré voir comment l'autrice met en scène cet évènement.

Ce livre, ça été aussi pour moi une découverte "religieuse". Je ne connaissais pas du tout le soufisme avant de lire ce livre. Je n'en avais jamais entendu parler et j'ai trouvé que cette branche de l'Islam offrait une vision intéressante car elle pousse plus loin l'interprétation des textes sacrés que de les prendre au premier degré.

Et puis, comme son nom l'indique, ce roman parle d'amour mais l'amour avec un grand A et de tolérance. Les messages et les leçons de vie présents dans le récit sont plutôt beaux et très humains. J'ai trouvé que ça donnait au livre une note de développement personnel mais ce aspect est inscrit dans un récit et j'ai juste adoré. J'ai eu l'impression d'avoir eu une grande bouffée de philosophie de vie mais tout en lisant une histoire passionnante!

Pour conclure, j'ai adoré ce livre par le fait que le thème soit la rencontre entre deux grands hommes du soufisme avec de belles notes humaines donnant au livre un aspect développement personnel sans l'être réellement.

Die Pfeiler der Macht

La marque de Windfield, Ken Follett 
En 1866, plusieurs élèves du collège de Windfield sont les témoins d'un accident au cours duquel un des leurs trouve la mort. Mais cette noyade est-elle vraiment un accident ? Les secrets qui entourent cet épisode vont marquer à jamais les destins d'Edward, riche héritier d'une grande banque, de Hugh, son cousin pauvre et réprouvé, de Micky Miranda, fils d'un richissime Sud-Américain. Autour d'eux, des dizaines d'autres figures s'agitent, dans cette société où les affaires de pouvoir et d'argent, de débauche et de famille, se mêlent inextricablement derrière une façade de respectabilité.

Mon avis: 

J'ai beaucoup aimé ce livre qui se passe dans la bourgeoisie de l'Angleterre victorienne... une époque que j'adore! Et là, l'auteur a su combler mes attentes avec cette intrigue très bien menée!

Tout d'abord, j'ai beaucoup apprécié la façon dont l'auteur décrit l'époque victorienne avec ses codes sociétaux et cette propension à toujours sauver les apparences. Finalement, on remarque rapidement que ces dernières sont plus importantes que la vérité et qu'il faut absolument que le masque doit rester en place. Tout est prétexte pour arriver à ses fins. Néanmoins, j'aurais aimé un peu plus de descriptions sur l'époque. Je ne suis pas sûre que cela aurait alourdit le récit.

Les personnages sont très variés également. On a vraiment de tout et très vite on a soit une aversion profonde pour des personnages soit on les trouve très attachants! Certains sont vraiment abjects, d'autres touchants et pour certains, j'ai eu tendance à me tromper! Mais on a très envie de voir les "gentils" gagner et les "méchants" se faire prendre. Malgré cette impression manichéenne, les relations entre les différents personnages sont un peu plus complexes.

Ce qui rend également ce livre attrayant c'est son rythme. Très rapidement, il s'accélère et devient de plus en plus rapide. On voit que l'intrigue se complexifie dès le début du roman et que petit à petit des embuches vont venir se mettre en chemin des protagonistes, ce qui leur fait perdre tout contrôle et ça devient franchement intéressant!

Pour conclure, j'ai bien aimé ce thriller de l'époque victorienne mêlant apparences, intrigues et révélations.


Le quatrième mur


L'idée de Samuel était belle et folle : monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène de fortune, entre cour détruite et jardin saccagé. Samuel était grec. Juif, aussi. Mon frère en quelque sorte. Un jour, il m'a demandé de participer à cette trêve poétique. Il me l'a fait promettre, à moi, le petit théâtreux de patronage. Et je lui ai dit oui. Je suis allé à Beyrouth le 10 février 1982, main tendue à la paix. Avant que la guerre ne m'offre brutalement la sienne.

Mon avis:

Ce livre est complètement BOU-LE-VER-SANT! Je vais avoir du mal à dire pourquoi ce récit a eu un tel impact sur moi mais je vais essayer! Parce que oui, ce livre m'a complètement terrassée, il m'a mise à terre et j'ai eu du mal à me remettre de cette lecture.

Ce sentiment est sûrement du, en partie, au fait qu'encore une fois Sorj Chalandon nous offre une histoire avec des hommes bouleversés et complètement blessés par la vie. Ils sont tellement entier qu'ils se donnent complètement à leur cause. Les voir se lancer à corps perdu dans des idéaux, c'est ce qui les rend attachant même si on a du mal à ne pas avoir le cœur serré en imaginant comment tout cela va se finir.

Le "geste" imaginé par Samuel est également quelque chose de très beau. C'est un très bel idéal d'imaginer que l'art peut vaincre la guerre mais très vite on imagine que c'est quelque chose d'utopiste! J'ai adoré voir le projet se monter, voir les différents obstacles et surtout le fin mot de l'histoire!

Malgré tout, j'ai été un peu déçue de ne pas mieux connaitre le contexte géo-politique du Liban de cette époque. Je remarque que c'est quelque chose qui m'est complètement inconnu et c'est dommage parce que j'ai eu l'impression qu'il me manquait quelque chose pour complètement comprendre les enjeux de l'intrigue.

Un autre point plus que positif dans ce livre, c'est la façon dont l'auteur traite le sujet de la guerre. Il montre son aspect le plus cruel et le plus abject. Avec ce livre, on dépasse complètement l'entendement où chaque individu est défini selon sa communauté et où la mort est justifiée juste pour une raison ethnique! On voit l'absurdité de la guerre et ses dégâts dans toute sa splendeur. C'est dur mais c'est la réalité de beaucoup de gens encore aujourd'hui.

Pour conclure, j'ai adoré ce livre parce qu'il m'a complètement chamboulé avec un espoir naissant dans une guerre monstrueuse, créé par des hommes blessés et qui veulent croire dur comme fer à leurs idéaux.

dimanche 23 septembre 2018

Sur un lit de fleurs blanches


Paris, 1885. La belle Clara Saint-James et une "horizontale" bien connue du Tout-Paris. Son protecteur, le richissime comte de la Paillerie vient de mourir, lui laissant un curieux testament. Pourquoi est-elle chargée de remettre une somme considérable à Victor Dupuy, un jeune médecin ?
Mais la jeune femme n'a pas le temps de se pencher sur cette énigme.
Depuis quelques temps, on retrouve dans les tombes fraîchement creusées des cimetières parisiens, les dépouilles exsangues de jeunes innocents, délicatement allongés sur des lits de fleurs blanches. Quand Norbert, le petit groom de la courtisane dsiparaît, c'est au médecin qu'elle fait appel.
De cafés à la mode en maisons closes clandestines, Clara et Victor Dupuy vont mener l'enquête dans un Paris en proie aux fantasmes scientifiques : médecins apprentis-sorciers, journalistes avides de sensationnel, feuilletonistes en mal de copie...Tout un monde s'ouvre à eux, terrein de jeux de gamins des rues livrés à eux-mêmes et à toutes les tentations.

Mon avis:

Cette enquête policière m'a beaucoup plu par plusieurs aspects.
Tout d'abord, j'ai beaucoup apprécié l'époque du récit et la façon de l'autrice de la décrire. Le 19ème siècle est assez bien décrit avec différents points de vue: noblesse, peuple, monde littéraire, monde de la science, etc. Cela étoffe bien la description de "l'univers" mais sans que cela ne devienne trop dense.

Les protagonistes de cette histoire sont également attachants. Ils ont un air légèrement naïf et peuvent être un peu exaspérant mais je les ai bien aimé. Néanmoins, ils restent assez classiques et ne détonnent pas comme peuvent le faire certains personnages. Mais, je dois admettre qu'ils sont variés.

En ce qui concerne l'enquête, je l'ai bien aimée. Elle est bien construite dans son ensemble avec plusieurs suspects et plusieurs pistes qui sont explorées. Le côté gothique de l'affaire rend l'intrigue encore plus haletante! Mais néanmoins, le dénouement n'est pas extraordinaire. Très rapidement, j'ai compris le motif des meurtres.

Pour conclure, j'ai bien aimé cette enquête bien faite dans une époque intéressante avec des personnages attachants mais j'ai trouvé que ce livre, dans son ensemble, reste plutôt ordinaire. Néanmoins, j'ai passé un bon moment grâce à ce livre.

La curée


La France de Napoléon III vue par Zola : " A cette heure, Paris offrait, pour un homme comme Aristide Saccard, le plus intéressant des spectacles. L'Empire venait d'être proclamé... Le silence s'était fait à la tribune et dans les journaux. La société, sauvée encore une fois, se félicitait, se reposait, faisait la grasse matinée, maintenant qu'un gouvernement fort la protégeait et lui ôtait jusqu'au souci de penser et de régler ses affaires. La grande préoccupation de la société était de savoir à quels amusements elle allait tuer le temps. Selon l'heureuse expression d'Eugène Rougon, Paris se mettait à table et rêvait gaudriole au dessert... L'Empire allait faire de Paris le mauvais lieu de l'Europe. "

Mon avis:

Je n'avais pas trop d'attentes concernant ce livre, du fait de nombreuses critiques mitigées sur ce livre. Néanmoins, je l'ai beaucoup apprécié ce tome-là de la célèbre saga Rougon-Macquart.
Le rythme de ce livre prend rapidement de l'ampleur et devient très vite haletant! Ce tome là est moins descriptif que le tome précédent et l'action prend dessus. L'intrigue est passionnante et j'ai eu du mal à ne pas continuer ma lecture.

Le plus grand intérêt de ce livre, d'après moi, c'est la critique sociétale qui est très vive. Zola, par son œuvre, produit une image très déplaisante de la bourgeoisie de l’époque. Cette haute société, pourtant adorée par la population, par son opulence. Mais finalement, Zola nous montre un tout autre aspect beaucoup moins reluisant: magouilles, trahisons, etc. Tout pour s'enrichir, quel que soit la façon d'y arriver!

Encore une fois, Zola réussit très bien ses personnages. Très rapidement, je me suis attachée au personnage de Renée, qui est touchante dans son désespoir. Elle reste la seule à peu près humaine dans cette histoire! Et franchement ça fait du bien de voir quelqu'un qui n'est pas cruel.
De plus, Zola a dépeint des personnages horribles, mais il ne leur réserve pas un destin tout beau et sans embuches! Au contraire!

Pour conclure, j'ai beaucoup aimé cette histoire surtout pour la critique sociétale que fait Zola concernant la haute société française sous l'Empire mais j'ai aussi bien aimé le style fluide et les personnages de cette histoire.

mardi 11 septembre 2018

La part de l'autre


5 octobre 1908 : Adolt Hitler recalé. Que se serait-il passé si l'Ecole des beaux-arts de Vienne en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, cette minute-là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d'artiste ? Cette minute-là aurait changé le cours d'une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde...

Mon avis:

J'ai trouvé ce livre assez intéressant même si ce livre présente quelques longueurs. L'uchronie de ce livre est plutôt passionnante. On voit qu'un tout petit évènement qui change, ça peut donner des conséquences complètements différentes! Finalement même des choses anodines peuvent prendre des ampleurs considérables et révéler des comportements complètement différents.

En effet, ce livre aborde une problématique psychologique intéressante, et juste pour cela, je pense que c'est un livre que tout le monde devrait lire. Ce livre nous montre, avec un exemple très parlant, que la méchanceté et la cruauté ne sont pas des compétences innées mais que c'est bien l'association personnalité - évènements de vie qui peuvent permettre l'émergence de certaines pensées et comportements. Les gros méchants ne sont pas méchants de naissance mais c'est bien l'accumulation de facteurs de nature différente qui les mènent à devenir ce qu'ils sont. Bien sûr, la personnalité et le tempérament restent bien sûr important!

Néanmoins, mon gros souci pour ce livre c'est son rythme. Je trouve qu'il présente quand même pas mal de longueurs et j'ai eu tendance à m'ennuyer de temps en temps. C'est dommage parce que le sujet est extrêmement passionnant mais je n'ai pas réussi à me plonger complètement dans le récit.

Pour conclure, ce livre doit être lu vu le sujet traité, l'uchronie permet d'aborder la personnalité de façon très intéressante mais le rythme m'a semblé trop lent.

Arsène Lupin contre Herlock Sholmes


Arsène Lupin contre Herlock Sholmès! L'homme qui défie toutes les polices françaises contre l'as des détectives anglais.
« C'est justement quand je ne comprends plus que je soupçonne Arsène Lupin », avoue le célèbre limier.
Quand deux hommes aussi intelligents s'affrontent, leur duel est un grand spectacle. Qui a subtilisé le petit secrétaire d'acajou contenant un billet de loterie gagnant? Qui a volé la lampe juive, le diamant bleu, joyau de la couronne royale de France? Qui joue les passes-murailles en plein Paris? Arsène Lupin, toujours lui, l'éternel amoureux de la Dame Blonde, plus insolent, plus ingénieux que jamais, déjouant une à une toutes les ruses de l'Anglais par d'autres ruses plus étonnantes encore.


Mon avis:

Ce livre me faisait très peur parce que j'adore Sherlock Holmes et que j'avais peur de la confrontation entre les deux. Mais finalement, je l'ai beaucoup apprécié! L'affrontement entre les deux protagonistes est assez impressionnant. Le niveau du "jeu" est élevé et les deux adversaires sont de taille! Ils n'arrêtent pas de se renvoyer la balle, c'est assez amusant!

J'ai beaucoup apprécié la relation entre Lupin et Sholmes. Les deux s'affrontent assez brutalement mais ils ont un énorme respect pour leur adversaire... il y a même de l'affection je trouve. Ils sont un peu dans leur monde et pas grand monde peut les atteindre mais finalement, cela ressemble plus à un jeu qu'à une réelle compétition.

Et ce que j'ai bien aimé aussi, mais qui est assez similaire pour tous les Arsène Lupin jusque là, c'est le rythme. Maurice Leblanc crée toujours des histoires avec des intrigues carambolesques mais qui m'amusent beaucoup! Le rythme est haletant avec une histoire entrainante et ce n'est pas facile de lâcher le livre.

Pour finir, en tant que fan de Sherlock Holmes, j'ai bien aimé les références à l'univers de l'auteur Arthur Conan Doyle. Ce n'est pas son univers au sens propre mais ce sont des anecdotes. Néanmoins, on sent que Maurice Leblanc fait un petit clin d’œil au célèbre auteur britannique.

Pour conclure, j'ai bien aimé ce combat amical entre les deux personnages mythiques avec un rythme haletant.


dimanche 9 septembre 2018

Les histoires de Franz


Tilliers, petite ville de France, à la fin des années soixante. Dans la famille Farkas, Claire (la mère) soutient et transmet ; Luciane (la fille) se révolte et s'émancipe ; Abraham (le père) écoute et soigne ; Franz (le fils) observe et (s')écrit. Ensemble et séparément, ils vivent et racontent les séquelles de la guerre d'Algérie et les conséquences de Mai 68 ; la cause des femmes et les silences des hommes ; l'acné juvénile et les cicatrices du colonialisme ; les mélodies des Beatles et les maladies d'amour.

Mon avis:

 J'avais beaucoup aimé le premier tome mais celui-ci est encore mieux! Tout d'abord, j'ai beaucoup apprécié la forme du roman. Le récit est raconté de façon indirect par des documents, des lettres, et des témoignages de différentes personnes. C'est assez original comme format même si ce n'est pas toujours facile à suivre. 

Encore une fois, les personnages sont hyper attachants! J'adore tellement Franz et Abraham! Ils sont tellement choux! J'adore ces personnages qui sont bourrés de qualité. Mais dans ce tome-là, les personnes gagnent en maturité, ils se posent des questions qui sont plus intéressantes et qui concernent le monde qui les entoure. 

Ce que j'ai aussi apprécié c'est le contexte historique du livre. Les personnages sont confrontés à un monde qui change avec les évènements de mai 68 ainsi que la libération de la femme. Les personnages se posent beaucoup de questions et doivent prendre position. 
Martin Winckler livre des points de vue intéressants et réfléchis, il nous amène aussi à réfléchir sur ces sujets-là.

Pour conclure, j'ai beaucoup aimé le livre pour son format, ses personnages mais surtout par les thèmes abordés.

L'embellie


Son mari l'a quittée avec le matelas et le sommier. Pour ne rien arranger, sa meilleure amie, enceinte, lui confie son fils de quatre ans, étrange petit bonhomme presque sourd. Cette semaine-là, cette femme libre gagne également deux fois à la loterie ! Une seule solution : partir. Prendre des vacances d'été en hiver avec le petit Tumi, à la découverte des landes sauvages de l'Islande.

Mon avis:

J'ai bien aimé ce livre malgré le fait que cela soit une histoire assez ordinaire. En effet, malgré le fait qu'il se passe pas grand chose, je ne me suis pas du tout ennuyée! Au contraire, j'ai apprécié la douceur du récit. Très vite, il devient attachant!

J'ai aussi apprécié l'aspect road trip de l'histoire. Le côté évasion est assez prenant et de voir l'Islande et notamment sa nature assez sauvage! Finalement, c'est peut-être ce que j'ai préféré dans ce roman... ça donne envie de découvrir le pays, même si je trouve que les paysages devraient être un peu plus détaillés.

Les personnages du livre sont assez étranges et excentriques, ce qui rend le livre légèrement amusant et finalement, on s'attache à eux parce qu'ils arrivent à nous toucher. Mais je n'ai pas compris toutes les décisions qu'ils prennent.

Pour conclure, j'ai bien apprécié l'évasion qu'offre ce livre et les personnages attachants mais finalement j'aurais aimé avoir plus de détails et je n'ai pas compris complètement les personnages. 

Les disparus du Clairdelune


Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours périlleuse, pourra-t-elle compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions des personnalités influentes à la cour ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l'entraînera au-delà des illusions du Pôle, au coeur d'une redoutable vérité.

Mon avis:

Alors que j'avais beaucoup aimé le premier tome de La passe-miroir, ce deuxième tome a été un coup de cœur! Cette fois-ci, j'ai complètement décollé avec une histoire qui est de plus en plus intense avec des mystères de plus en plus compliqués. On a presque affaire à une enquête policière et je trouve qu'elle est plutôt bien menée.

C'est très difficile de lâcher ce tome-là parce qu'on est emplit de trahisons et de complots. On ne sait pas trop à qui se fier et très vite, on doute de tout. Le Pôle n'est clairement pas un endroit très sécurisé! Plein de choses arrivent à Ophélie et autres personnes du Pôle, il y a beaucoup de rebondissements!

En plus, je trouve que ce livre permet aussi au lecteur de mieux connaitre les personnages de la saga. Petit à petit, les carapaces autour d'eux commencent à se fissurer et certains deviennent plus humains! Malgré leur assurance, leur froideur, etc. on voit que, comme leur univers, tout est illusion.

Parmi les personnages, j'ai été très surprise par l'évolution d'Ophélie. Je la trouvais un peu trop passive dans le premier tome. Mais là! Elle se prend complètement en main, elle s'affirme plus et se laisse beaucoup moins marcher sur ses pieds. Elle a un sacré caractère finalement et j'adore la voir se battre comme ça.

Pour conclure, coup de cœur pour ce deuxième tome, beaucoup plus mystérieux avec des personnages plus humains et une héroïne qui s'affranchit!

Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles


Deux femmes que tout sépare nouent une relation d'amitié extraordinaire au fil de la plume, et racontent ainsi leur Seconde Guerre mondiale.
États-Unis, années 1940. Glory, enceinte et déjà mère d'un petit garçon, souffre de l'absence de son mari, parti au front, de l'autre côté de l'Atlantique. À des centaines de kilomètres d'elle, Rita, femme et mère de soldat également, n'a pour compagnie que la fiancée de son fils.
Une lettre, envoyée comme une bouteille à la mer, va les réunir. Entre inconnues, on peut tout se dire. Les angoisses, l'attente des êtres aimés, mais aussi les histoires de voisinage, les secrets plus intimes et les recettes de cuisine. Les petites joies qui font que, dans les temps les plus difficiles, le bonheur trouve son chemin.

Mon avis:

Ce roman épistolaire est parfait pour un moment de lecture agréable. J'ai trouvé que c'était intéressant de voir un autre point de vue concernant la seconde guerre mondiale. Cette fois-ci, nous ne sommes pas au cœur de l'action mais plutôt à l'arrière et c'est assez originale de voir comment les femmes américaines vivent la guerre.

J'ai beaucoup apprécié le fait que ces lettres parle principalement du quotidien de ces femmes. J'ai trouvé ça super de voir les recettes qu'elles s'envoient, les conseils qu'elles se donnent concernant différents domaines de leur vie. Même si ça fait très femme parfaite au foyer, je trouve ça sympa de voir comment elles se serrent les coudes pour gérer les tracas quotidiens.

J'ai trouvé que les personnages principaux de l'histoire étaient assez attachants. Glory et Rita sont loin d'être parfaite et ont besoin parfois de l'aide des autres pour se remettre sur les rails mais c'est justement ça qui est bien! Elles ont des défauts, elles doutent mais elles essaient de faire de leur mieux pour supporter la guerre.

De plus, le format épistolaire est assez agréable, même si ce n'est pas toujours facile parfois de distinguer le destinataire du destinateur. Néanmoins, je trouve que ça dynamise le récit, qui n'est pas truffé d'actions.

Pour conclure, j'ai bien aimé la vision qu'offre ce livre sur la seconde guerre mondiale, les personnages et le format épistolaire.

samedi 8 septembre 2018

Le livre des choses perdues


L'Europe est sur le point de basculer dans la guerre. Le jeune David est trop petit pour comprendre la politique, mais il n'en ressent pas moins l'inquiétude qui, chaque jour, mine un peu plus les traits de son père. Le garçon se retrouve livré à lui-même, seul avec Rose, celle qui a remplacé sa mère défunte. Mais un jour, la voix de cette dernière l'appelle, elle est là, toute proche, quelque part au fond du jardin, dans ce tronc creux qui, hier encore, n'était pas là... Et voilà David aspiré dans un autre monde, peuplé de créatures tout droit sorties des contes qu'il lit à longueur de journée. Un lieu magique et violent où, au détour de chaque chemin, le guette un danger qu'il doit affronter s'il veut un jour rentrer chez lui.

Mon avis:

J'ai beaucoup apprécié cette lecture même si ce n'était pas le livre auquel je m'attendais. Je pensais qu'il s'agissait d'un roman de fantasy jeunesse alors que pas du tout! L'univers du livre est assez glauque et même effrayant. Très vite, j'ai été mal à l'aise mais j'ai adoré ressentir ce sentiment paradoxalement et j'ai pris plaisir de m'être plongée dans cet univers.

Mais justement cette atmosphère est angoissante et certains détails sont assez sanguinolents pour ne pas dire trash. Néanmoins, j'ai été surprise de voir certaines personnes le considérer comme un roman jeunesse! Je ne le conseillerais pas à des enfants personnellement.

Ce que j'ai aussi aimé c'est le rythme du récit. Très rapidement j'ai pris goût aux intrigues trépidantes de ce livre. Les actions s'enchainent, si bien bien que je ne me suis jamais ennuyée. De plus, cet enchainement d'épreuves lié à l'atmosphère angoissante me faisait appréhendé un peu la suite... mais j'ai bien aimé cette crainte de la suite!

Un gros point fort de ce livre c'est aussi le personnage principal de l'histoire. Il fait face à de nombreux dangers et est parfois dans de beaux draps! Mais il doit également régler des conflits intérieurs et faire face à ses propres sentiments!

Pour conclure, j'ai beaucoup aimé l'ambiance glauque du livre, et les diverses épreuves que traversent le personnage, partagé par des sentiments contraires.

Swap la Passe-Miroir


J'ai participé avec joie au swap La Passe-Miroir organisé sur Livraddict par Manue de Caen, qui s'inspire donc de la célèbre saga de Christelle Dabos.

Le colis devait contenir :
  • Deux livres mettant à l'honneur un univers fantastique dont un issu de la wish-list et un à faire découvrir
  • Un protège-livre 
  • Un marque-page
  • Un objet en lien avec l'univers de la saga
  • Un objet personnel, qui a un lien avec nous
  • Une surprise à grignoter
  • Un télégramme 
Pour ce swap, j'ai été avec Licia-bio, une super binôme qui m'a complètement gâtée.
Voici tout ce qu'elle m'a offert!
Tout d'abord la carte! Elles est hyper belle! J'aime beaucoup l'ambiance bibliothèque cosy de cette carte et puis ça pourrait être une partie du musée que tient Ophélie sur Anima 
Dès que j'ai vu l'intitulé de cette surprise, j'ai su que c'était une écharpe... mais je ne m'attendais pas du tout à ça! Une écharpe carte du maraudeur! Elle est trooooop beeeeeelllle! Les couleurs crème et bordeaux sont très sympas et elle est toute douce... enfin bref j'adore!  
J'ai reçu un super protège-livre "Alice aux pays des merveilles".
Je trouve ça trop mignon! Le tissu est magnifique!
Il est tout moelleux et doit très bien protéger les livres!








De ma wish-list, j'ai reçu A darker shade of magic de V.E. Schwab! C'est un livre qui me fait envie depuis un certain temps donc je suis complètement ravie!






Comme surprise, j'ai eu une bougie parfumée Thorn et Ophélie! C'est hyper mignon!
Je n'ai pas réussi à identifier l'odeur mais elle est plutôt sympa
En l'ouvrant, j'ai eu le droit à une pluie de paillettes!


Le marque-page est hyper beau aussi! Je trouve la petite phrase de l'arrière très juste ("Les livres sont le bateau et le train et la route. Ils sont la destination et le voyage. Ils sont mon foyer.")

Concernant les pays fantastiques indiqués, j'en connais pas mal aucune idée pour Ketterdam!



L'objet personnel c'est un magnifique pendentif avec un brin d'ADN puisque Licia-bio a décidé de faire de la science.
Je le trouve merveilleux! La nature fait des choses très belle!







Comme gourmandise, j'ai eu une petite boite de thé qui sent le chocolat! Je n'ai jamais goûté du thé au chocolat mais j'ai hâte de faire cette expérience.









Maintenant... le livre surprise! Il s'agit du premier tome de la saga Les messagers des vents de Clélie Avit.
Je l'avais déjà aperçu et il me faisait de l'oeil mais je ne sais plus du tout de quoi il parle! J'ai hâte de commencé cette saga!







Et pour finir, petites gourmandises normandes! Elle m'a offert des sablés du Mont Saint-Michel fait avec du beurre d'Isigny (le top du beurre dans la catégorie beurre)
Je n'ose pas les ouvrir parce que j'ai trop peur de les engloutir en deux minutes.






Voici l'ensemble de ce que m'a offert Licia-Bio:

Encore une énorme merci à Lici-bio pour son merveilleux colis
Et merci à Manue de Caen pour avoir eu cette fabuleuse idée et pour avoir organisé ce swap.


mercredi 5 septembre 2018

Les putes voilées n'iront jamais au paradis


*J'ai lu ce livre à l'occasion du book club féministe "Une chambre à nous" créé par Les carnets d'Opalyne et Lunatrix Lovestrange
 
Ce roman vrai, puissant à couper le souffle, fait alterner le destin parallèle de deux gamines extraordinairement belles, séparées à l'âge de douze ans, et les témoignages d'outre-tombe de prostituées assassinées, pendues, lapidées en Iran. Leurs voix authentiques, parfois crues et teintées d'humour noir, surprennent, choquent, bousculent préjugés et émotions, bouleversent. Ces femmes sont si vivantes qu'elles resteront à jamais dans notre mémoire. A travers ce voyage au bout de l'enfer des mollahs, on comprend le non-dit de la folie islamiste : la haine de la chair, du corps féminin et du plaisir. L'obsession mâle de la sexualité et la tartufferie de ceux qui célèbrent la mort en criant "Allah Akbar ! " pour mieux lui imputer leurs crimes. Ici, la frontière entre la réalité et la fiction est aussi fine qu'un cheveu de femme.

Mon avis:

Ce roman est très bouleversant et il faut s'accrocher pour le lire! En effet, c'est un roman dur avec beaucoup de violences, si bien que j'ai du faire des pauses assez régulièrement malgré le fait que le roman soit très court. Le début a donc été assez difficile, mais c'est plus par rapport au sujet qui est poignant.

La thématique de ce livre est vraiment très intéressant! Chahdortt Djavann critique vivement la société iranienne et notamment l'hypocrisie qu'adopte la population envers les femmes! Certaines réflexions sont toutes à fait hallucinantes!
Ce livre soulève énormément de questions sur la réaction des gens parce que franchement, on ne peut pas se dire que ce qui est dit dans ce livre est vrai!

En effet, ce qui est le plus effrayant c'est que cette histoire est inspirée de faits réels! L'autrice s'est inspiré d'un fait qui a chamboulé l'Iran mais pas pour les bonnes raisons! Se dire que ce livre, même si c'est une fiction, colle à la réalité de ce pays, c'est angoissant!

Pour conclure, il s'agit d'un livre à lire parce que le sujet abordé, même s'il est dur, doit être connu de tout le monde. Il pousse la réflexion sur l'hypocrisie sociétale envers le traitement des femmes.

mardi 4 septembre 2018

L'ancre des rêves


Dans un petit village de la côte bretonne, chaque nuit, les enfants Guérindel – Benoît, Lunaire, Guinoux et le petit Samson – sont en proie à des cauchemars terrifiants qu’ils taisent à leurs parents... Enogat, leur mère, a toujours interdit à ses quatre fils d’approcher le bord de l’eau. Est-ce seulement pour les protéger des dangers de la nature  ? Ou d’une autre menace qui ne dit pas son nom  ?

Mon avis:

J'ai bien aimé ce livre surtout pour l'atmosphère qui est complètement fascinante. Elle est très étrange, mettant le lecteur dans un sentiment de malaise mais même si je n'étais pas très à l'aise durant ma lecture, j'ai apprécié ce sentiment!
Ce sentiment d'étrangeté angoissante est dû en partie au fait que les éléments fantastiques se mêlent à la réalité, et c'est hypnotisant.

En effet, j'ai bien aimé voir ce mélange réalité/fantastique. Le récit est assez onirique mais on ne sait plus trop ce qui appartient au monde du rêve et ce qui est réel, et je trouve que ça rend le récit plus menaçant parce qu'on ne sait pas si les cauchemars ne prennent pas forme.

J'ai aussi beaucoup apprécié le fait que le passé et le présent se rejoignent. En effet, ce livre c'est également une quête dans le passé, une plongée dans des histoires familiales pas toujours très drôles mais rendent le livre encore plus intéressant!

C'est également un livre qui a réussi à m'émouvoir, notamment vers la fin. La conclusion de toute cette histoire est plutôt belle et je trouve qu'elle nous prend par les sentiments.

Pour conclure, j'ai bien aimé ce livre surtout pour l'ambiance angoissante mais également pour les mélanges rêve/réalité et passé/présent.

Belle



Vous croyez connaître l'histoire de la Belle et la Bête ? Pourtant, celle-ci ne commence pas par " Il était une fois... ".
Belle ne l'est pas, belle ; la grâce et le charme sont allés à ses deux sœurs. Son prénom, elle le doit à son esprit et à l'ironie de la vie. Mais peu lui importe, elle fuit les mondanités et n'a que faire des robes élégantes. Elle leur préfère les vieux livres et les longues cavalcades. L'atout de Belle, c'est son fort caractère, qui lui sera bien utile. Car son père est ruiné.
Bientôt, ils partent pour le Nord, cette étrange contrée où vivent lutins, sorciers et dragons.
Et là-bas, la Bête se cache...

Mon avis:

J'ai été très agréablement surprise par cette réécriture de conte de la Belle et la Bête. Elle n'est pas hyper originale, et suit beaucoup la version la plus courante de ce conte. Donc je n'ai pas eu vraiment de surprises mais cela ne m'a pas du tout dérangé.

Les descriptions sont très belles! J'ai beaucoup aimé le côté merveilleux de l'univers, avec des éléments magiques. On est complètement immergé par la féérie du château. Tout cela fait très conte et on a l'impression d'être en plein rêve.

J'ai aussi apprécié le fait que l'histoire soit racontée par l'héroïne, Belle. Le récit est à la première personne et j'ai bien aimé, car je trouve qu'on se sent beaucoup plus proche de la narration. J'ai moins l'impression d'être en retrait mais au contraire, de vivre l'histoire pratiquement à la place de la narratrice. Cela rend le récit plus vivant.

Comme l'histoire, les relations entre Belle et la Bête sont assez prévisibles mais je trouve qu'elles sont plus plausibles et mieux expliqués. En effet, elles évoluent de façon plus lente et leurs comportements sont beaucoup plus compréhensibles, donnant quelque chose de plus émouvant.

Pour conclure, j'ai beaucoup aimé l'univers merveilleux de cette réécriture de conte, qui me semble plus réaliste que les versions que je connais.

lundi 3 septembre 2018

Brooklyn


Enniscorthy, sud-est de l'Irlande, années 1950. Comme de nombreux jeunes de sa génération, Eilis Lacey, diplôme de comptabilité en poche, ne parvient pas à trouver du travail. Par l'entremise d'un prêtre, sa sœur Rose obtient pour elle un emploi aux États-Unis. En poussant sa jeune sœur à partir, Rose se sacrifie : elle sera seule désormais pour s'occuper de leur mère veuve et aura peu de chance de se marier. Terrorisée à l'idée de quitter le cocon familial, mais contrainte de se plier à la décision de Rose, Eilis quitte l'Irlande. À Brooklyn, elle loue une chambre dans une pension de famille irlandaise et commence son existence américaine sous la surveillance insistante de la logeuse et des autres locataires.

Mon avis:

Après Le gang des rêves, j'avais très envie de découvrir ce livre-là, qui parle également d'immigration mais cette fois-ci du côté irlandais. J'ai surtout beaucoup apprécié l'atmosphère du livre, qui est un peu sombre, mêlée de pas mal de mélancolie, du fait de l'émigration.

Ce livre ne raconte pas de choses extraordinaires. Il n'y a pas d'intrigue avec plein d'actions et de péripéties mais il parle plutôt de la vie quotidienne d'une émigrée, avec les différences de cultures, de codes sociaux, et de mœurs.
J'ai justement bien aimé ces différences culturelles et de voir comment une jeune fille s'adapte à de nouvelles règles sociales. Ce n'est pas toujours facile et la confrontation entre les façons de penser et les nouveautés que nous offrent la vie est parfois brutale.

Dans ce livre, on retrouve une histoire d'amour qui reste simple, ce qui fait que je l'ai aimé. Elle est plutôt bien réussie, remplie de sincérité et de quelques obstacles. De plus, l'histoire n'est pas au premier plan de l'histoire mais s'inscrit complètement dans la problématique d'immigration.

J'ai été assez émue également par le personnage principale. On la voit complètement partagée entre sa vie irlandaise et sa vie américaine. Même si je n'ai pas compris toutes les réactions d'Eilis, j'ai bien aimé la suivre dans ses différents dilemmes.

Pour conclure, j'ai bien aimé l'atmosphère du livre, le choc des cultures et le personnage principal.

A study in Charlotte


Jamie Watson, arrière-petit-fils du célèbre Dr Watson, ne voulait pas cette bourse pour Sherringford, un collège chic de la côte Est des États-Unis... et encore moins y croiser Charlotte Holmes. L'arrière-petite- fille de Sherlock a hérité du célèbre détective non seulement son génie mais aussi son tempérament explosif. Mieux vaut, dit-on, l'admirer de loin...
Quand un étudiant meurt dans des circonstances dignes des plus terrifiantes histoires de Sherlock, Jamie et Charlotte sont les premiers accusés. Victimes d'un coup monté, ils n'ont d'autre choix que de faire équipe pour mener l'enquête...

Mon avis:

J'ai trouvé ce livre sympathique mais sans plus. J'ai passé un bon moment avec cette lecture jeunesse. Elle est bien réalisée avec un meurtre "soft" donc tout à fait adapté pour le public visé. On ressent réellement le fait que l'autrice s'adresse à des enfants et des adolescents (plutôt adolescents d'ailleurs par la nature de certaines scènes).

Mais néanmoins j'ai eu pas mal de problèmes avec les personnages. Charlotte Holmes et Jamie Watson sont les sosies parfaits de Sherlock et John... La même personnalité, les mêmes qualités et les mêmes défauts... jusqu'à la même relation! Je n'ai pas trop compris pourquoi les deux personnages devaient être les copies parfaites de leurs ancêtres. En effet, s'il s'agissait de faire du Holmes et Watson, il n'y a pas d'intérêt à créer de nouveaux personnages.

Néanmoins, en ce qui concerne l'enquête policière, elle reste assez jeunesse. Le côté meurtre n'est pas insupportable et trash mais plutôt "gentil" et peu détaillé. Malgré cela, l'enquête est bien menée et ne présente pas de théories tirées par le cheveux pour expliquer le pourquoi du comment.

Pour conclure, j'ai bien apprécié ce bon moment de lecture jeunesse avec une enquête policière enfantine mais bien menée. Par contre, je n'ai pas compris le copié-collé des personnages.

dimanche 2 septembre 2018

A la grâce des hommes


Islande, 13 mars 1828. Agnes Magnúsdóttir est reconnue coupable de l'assassinat de Natan Ketilsson, son amant, et condamnée à mort. En attendant son exécution, la prisonnière est placée comme servante dans une ferme reculée. Horrifiés à l'idée d'héberger une meurtrière, le fermier, sa femme et leurs deux filles évitent tout contact avec Agnes, qui leur inspire autant de peur que de dégoût. Au fil des mois, elle devra apprendre à vivre au sein de cette famille hostile. Malgré les peurs réciproques, la violence, les préjugés, les colères et la mort annoncée.
Et la vérité qu'Agnes voudrait pouvoir faire entendre alors que personne ne semble prêt à l'écouter.

Mon avis:

J'ai adoré ce livre, basé sur un fait historique véridique. J'ai trouvé ça hyper intéressant de savoir que l'auteur s'est inspiré d'une histoire vraie pour reconstituer ce qui aurait pu se passer à ce moment-là pour les différents personnages. Comme toujours dans ce genre d'histoire dont le fond est véridique, j'adore m'interroger sur quelle est la part de vérité dans le récit et quelle est la part inventée par l'autrice.

De plus, je trouve que le travail tournant autour de l'univers est bien fait. On retrouve une atmosphère islandaise du 19ème siècle qui est bien détaillé, avec des anecdotes sur le système juridique islandais, qui, à l'époque, faisait partie du royaume du Danemark. C'est assez intéressant même si cela ne prend pas le pas sur l'action, donc c'est top!

Au niveau de la construction du récit, j'ai bien apprécié le mélange passé/présent. On retrouve des bribes du passé qui se mêlent aux éléments du présent et ça dynamise l'histoire, parce qu'on a envie de savoir ce qui s'est passé mais on nous livre l'histoire petit à petit, alors qu'on est juste pressé de connaitre les éléments qui ont conduit à la situation actuelle.

Ce livre m'a beaucoup intrigué également par le personnage d'Agnes. Au départ, elle nous est complètement étrangère, on a énormément de mal à la cerner mais au fur et à mesure, elle s'ouvre de plus en plus et on apprend à la connaitre.

J'ai beaucoup aimé aussi voir les réactions des différents personnages qui évoluent autour d'Agnes. On voit que la vision des gens est fortement influencée par leurs représentations du monde et ce qu'ils savent de la personne en question. Et on voit comment leur façon de penser change en fonction de leur perception d'Agnes et c'est assez intéressant.

Pour conclure, j'ai trouvé ce livre extrêmement intéressant par son contexte, par sa base véridique et la construction des personnages.

Les joyaux du Paradis


Caterina Pellegrini, musicologue italienne enseignant à Manchester, accepte avec joie un poste de documentaliste au sein d’une Fondation à Venise. Contre toute attente, la place n’est pas de tout repos. Deux cousins se disputent l’héritage d’un ancêtre dont la succession serait tranchée par de vieux documents auxquels seule Caterina a accès. Le fameux ancêtre, compositeur baroque et diplomate, remplissait des missions cruciales auprès des cours allemandes pour le Saint-Siège.
À mesure que Caterina se passionne pour la biographie de cet homme, elle soulève un mystère : le musicien espion aurait-il trempé dans la plus grave affaire de meurtre de son temps ?

Mon avis:

Cette lecture a été plus que mitigée pour ma part. J'ai été assez emballée en lisant le synopsis mais finalement l'aspect policier a été quasiment inexistant! Pendant une énorme partie du livre, l'enquête policière n'était même pas commencée, qui débute bien après la moitié du livre! Et franchement, elle ne casse pas trois pattes à un canard... Enfin bref, je m'attendais à un policier avec une plongée dans le passé et cela n'a pas été le cas.

Par contre, j'ai bien aimé l'aspect musical de ce livre. Le côté musique est, par contre, bien représenté dans ce livre. J'ai trouvé sympathique de suivre les découvertes de l'héroïne, de la voir plonger dans de vieux papiers à la découverte de trésors et du passé.

Mais finalement, j'ai trouvé que le livre faisait beaucoup de bruits pour pas grand chose. Il ne se passe pas énormément de choses, et j'ai ressenti plus d'ennui que d'amusement dans ce livre. Et je me suis demandé où était l'intérêt de la lecture.

Pour conclure, j'ai été plutôt déçue par cette lecture où l'aspect policier est quasiment inexistant rendant le livre légèrement ennuyant mais j'ai bien aimé la musicalité.

Le gang des rêves


New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d'Européens, la ville est synonyme de " rêve américain ". C'est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L'espoir d'une nouvelle existence s'esquisse lorsqu'il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l'amour ?

Mon avis:

Ce roman a été un énorme coup de cœur! Malgré sa taille impressionnante (plus de 900 pages), ce livre se lit très rapidement et je n'ai pas vu les pages défiler tellement que j'étais accroché à l'histoire. Le style de l'auteur est très addictif, il permet de rentrer rapidement dans l'intrigue et de ne plus la lâcher.

Le début du livre est assez violent avec plusieurs scènes assez dramatiques et dures, un univers de pauvreté et sombre mais très vite on s'attache aux personnages, qui contrastent beaucoup avec la noirceur de leur vie.

Ce livre est une vraie pépite surtout pour ses personnages. Ils sont hyper émouvants et attachants. Ils ont été vraiment maltraités par la vie, ont subi la misères, des évènements horribles mais malgré tout ils font tout pour survivre. Et ce qui est juste fabuleux, c'est que même s'ils ont été brisés par la vie, ils gardent leur humanité. Ils sont sensibles, essaient de faire de leur mieux mais en restant humains et c'est ça qui m'a beaucoup émue.

A côté de cela, on se retrouve avec un personnage inquiétant, donnant au récit un aspect oppressant. Cela donne du suspens en plus et rajoute encore de la noirceur à l'atmosphère du roman, ce qui le rend encore plus passionnant.

Pour conclure, j'ai adoré ce livre surtout grâce au contraste qui existe entre l'univers noir dans lequel vivent les personnages et ces derniers, lumineux et humains.

Ain't a woman: black women and feminism


*J'ai lu ce livre à l'occasion du book club féministe "Une chambre à nous" créé par Les carnets d'Opalyne et Lunatrix Lovestrange

"Ne suis-je pas une femme ?", telle est la question que Sojourner Truth, ancienne esclave, abolitionniste noire des Etats-Unis, posa en 1851 lors d'un discours célèbre, interpellant féministes et abolitionnistes sur les diverses oppressions subies par les femmes noires : oppressions de classe, de race, de sexe. Héritière de ce geste, bell hooks décrit dans ce livre devenu un classique les processus de marginalisation des femmes noires et met en critique les féminismes blancs et leur difficulté à prendre en compte les oppressions croisées.

Mon avis:

Ce livre est extrêmement intéressant! Il s'agit d'un essai mais il se lit très très bien parce que le sujet abordé est une réelle prise de conscience. En effet, jusqu'à maintenant, j'ai toujours imaginé le féminisme et la lutte contre le racisme comme deux combats séparés et, bêtement, je n'ai jamais imaginé consciemment que les femmes noires subissaient ces deux oppressions! Aujourd'hui ça me semble complètement logique et évident mais c'est vrai que dans les médias, les livres, etc. c'est assez rare de voir ces deux luttes associés. Souvent soit ce sont des femmes blanches, soit des hommes noirs qui essaient de faire reconnaitre leurs droits et les femmes noires sont peu représentées dans leur lutte, qu'elle soit contre le racisme ou contre le sexisme.

Ainsi, pour moi, ce livre m'a vraiment éclairée sur ce que les femmes noires ont pu subir durant des siècles entiers avec une double oppression hyper importante! Ce livre va encore plus loin, parce que l'autrice parle de ce qui s'est passé mais aussi des conséquences à long terme de ce qui s'est passé, encore d'actualités pour certains.

Le livre est très documenté, l'autrice donne beaucoup de références donnant une solidité importante aux arguments qu'elle avance. Le récit est très convaincant et on a vraiment l'impression d'avoir un récit véridique, avec des sources valides.

Le format essai est également sympathique. Il se lit plutôt bien malgré le fait que cela ne soit pas une fiction. Le style de l'auteur est assez direct donc je suis très vite rentrée dans ses arguments, j'ai trouvé qu'il était accessible et on n'a pas besoin d'être hyper concentré pour suivre le raisonnement.

Néanmoins, j'ai trouvé qu'on avait de la redondance dans le récit. Au bout d'un moment, même si les exemples d'oppressions différaient, j'avais l'impression que les arguments sous-jacents restaient les mêmes et même si le fait d'appuyer le raisonnement par différents exemples est plutôt top, au bout d'un moment ça m'a un peu ennuyé.

Pour conclure, j'ai beaucoup apprécié cette prise de conscience sur ce sujet important, peu discuté dans les différents médias (films, livres, télévision, radio, etc.), avec un style d'écriture abordable même si j'ai trouvé quelques redondances.

samedi 1 septembre 2018

Paper Money


Londres, années 1970. Un homme politique s’éveille au côté d’une rousse sulfureuse, tandis qu’une Rolls-Royce guette au pied de l’immeuble. Au même moment, un mafieux rassemble ses hommes de main et un magnat de l’édition décide de se retirer des affaires. Alors que le soleil se lève, leur vie va basculer. Détournement de fonds, chantage, tentative de suicide, OPA, tirs de chevrotine… Des événements en rafale, sans rapport apparent, que les journalistes de l’Evening Post parviendront à recouper de justesse en une seule et même histoire pour l’édition du soir. Ils ne se connaissent pas tous mais, avant le crépuscule, tous seront emportés dans la course folle d’un convoi de billets de banque…

Mon avis:

J'ai bien aimé ce livre thriller même si finalement ce n'est pas une enquête à proprement parlé. Il s'agit plus d'un plongeon au cœur de magouilles au sein de la City britannique. C'est assez intéressant de voir les rouages de tout ça même si c'est aussi très inquiétant de voir la facilité de magouiller!

Le récit est raconté par de nombreuses voix, par différents personnages. Je n'ai pas réussi à m'attacher à ces personnages mais ils sont plutôt variés et ensemble ils apportent un bout du puzzle constituant les secrets sombres de la city.

Au départ, on se retrouve avec beaucoup de choses différentes, plein d'informations mais on ne sait pas trop quoi faire de tout ça mais au fur et à mesure, des liens entre les différents personnages se créent, tout se regroupe avec au centre le journalisme.

Il s'agit réellement d'un roman plutôt sombre et il est difficile de voir de l'optimisme dans cette histoire. On plonge dans une atmosphère de plus en plus noire et désespérée. Ce n'est pas vraiment un livre à lire si on a tendance à hésiter sur la bonté humaine!

Pour conclure, j'ai bien aimé ce livre même s'il ne ressemble pas à une enquête mais le côté crapule décrit par différentes voix m'a plu.

Le livre du thé


Depuis un siècle, Le Livre du thé, qui offre une introduction des plus subtiles à la vie et à la pensée asiatiques, s'adresse à toutes les générations. Et cegrand classique, qui a permis naguère de jeter un pont entre l'Orient et l'Occident, n'a rien perdu de sa force et peut encore éclairer notre modernité. Le trait de génie d'Okakura fut de choisir le thé comme symbole de la vie et de la culture en Asie : le thé comme art de vivre, art de penser, art d'être au monde. Il nous parle d'harmonie, de respect, de pureté, de sérénité. Au fond, l'idéal du thé est l'aboutissement même de cette conception zen : la grandeur réside dans les plus menus faits de la vie. Qui cherche la perfection doit découvrir dans sa propre vie le reflet de sa lumière intérieure. Aussi la voie du thé est-elle bien plus qu'une cérémonie : une façon de vivre en creusant aux racines de l'être pour revenir à l'essentiel et découvrir la beauté au cœur de la vie.

Mon avis:

Ce livre était très intéressant même si je pense que pour ma part, une deuxième lecture sera nécessaire pour mieux le comprendre. En effet, le style du livre est très soutenu, ce qui demande une attention accrue de la part du lecteur pour bien suivre le narrateur.

Dans ce roman, malgré ce qu'on peut croire, le thé en lui-même est peu abordé. Le sujet du livre porte plus sur l'acte, le fait de faire du thé. On aborde plus l'aspect spirituel qui tourne autour de ce geste mais c'est intéressant parce qu'on comprend un peu mieux la symbolique qui tourne autour des cérémonies du thé.

J'ai, en fait, beaucoup aimé l'état d'esprit du livre. Tout ce qui est raconté dans ce livre est fait avec simplicité. J'ai adoré le fait qu'un acte aussi simple que de servir du thé soit sublimé. On attribue beaucoup de spiritualité à quelque chose faisant partie de la vie quotidienne.

Ce que j'ai trouvé intéressant aussi c'est que l'essai sur le thé a une dimension sociétale derrière. On retrouve pas mal d'allusions aux différences de points de vue qui existent entre les cultures orientales et les cultures occidentales.

Pour conclure, j'ai trouvé le sujet du livre passionnant, même si le style de l'auteur demande au lectorat d'être attentif.