mardi 1 août 2017

Lire Lolita à Téhéran


* J'ai lu ce livre à l'occasion du book club féministe "Une chambre à nous" créé par Les carnets d'Opalyne et Tête de Litote

Après avoir dû démissionner de l'Université de Téhéran sous la pression des autorités iraniennes, Azar Nafisi a réuni chez elle clandestinement pendant près de deux ans sept de ses étudiantes pour découvrir de grandes œuvres de la littérature occidentale. Certaines de ces jeunes filles étaient issues de familles conservatrices et religieuses, d'autres venaient de milieux progressistes et laïcs ; plusieurs avaient même fait de la prison. Cette expérience unique leur a permis à toutes, grâce à la lecture de Lolita de Nabokov ou de Gatsby le Magnifique de Scott Fitzgerald, de remettre en question la situation " révolutionnaire " de leur pays et de mesurer la primauté de l'imagination sur la privation de liberté. Ce livre magnifique, souvent poignant, est le portrait brut et déchirant de la révolution islamique en Iran.

Mon avis:

J'ai beaucoup aimé ce livre notamment pour les liens faits entre fiction et réalité. Déjà, sans parler des œuvres étudiées, j'ai trouvé qu'il y avait une résonance énorme avec La servante écarlate de Margaret Atwood, où même si ce n'est pas exactement la même chose, on passe d'une démocratie à une société qui est très autoritaire avec les femmes et qui leur enlève leur liberté et leur égalité face à leurs concitoyens masculins. Ces deux œuvres nous montrent que les droits des femmes ne sont pas forcément gravés dans la pierre et tenus pour acquis partout et que cela peut changer... Mais le livre de Azar Nafisi est encore plus marquant concernant cela car il raconte ce qu'il s'est passé en Iran, ce n'est pas de la fiction.

J'ai également adoré dans ce livre les analyses littéraires faites par l'auteur et les étudiants concernant les grands classiques anglo-saxons. Elles sont certes parfois trop longues mais je trouve qu'elles font très bien écho à ce qui se passe en Iran. L'auteur fait des ponts entre la fiction et la réalité. A travers ses analyses, elle nous parle également de la situation en Iran. 
Ce que j'ai aussi aimé, comme nous le rapporte l'auteur, c'est qu'ils étudient des textes anglo-saxons dans un pays où on scande "A mort les Etats-Unis!". Ce qui est vraiment ironique, car finalement Azar Nafisi nous montre que les fictions américaines ou britanniques ne sont pas si éloignées des problèmes quotidiens des iraniens.

Ce que j'ai aussi bien apprécié c'est que l'auteur ne nous parle pas que du séminaire qu'elle anime le jeudi matin avec quelques étudiantes mais elle parle aussi de son poste à l'université et de l'évolution qu'elle a pu voir lors de la révolution sur le prisme de l'université et de ses cours. 
J'ai bien aimé voir les différents groupes d'étudiants, leurs réactions face aux textes présentés lors des cours d'Azar Nafisi selon leurs convictions religieuses ou politiques.

Pour conclure, j'ai beaucoup aimé ce livre pour le pont qui est fait entre les œuvres littéraires et la réalité. 

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