dimanche 15 janvier 2017

La potion magique de Georges Bouillon






La plupart des grand-mères sont d'adorables vieilles dames, gentilles et serviables. Hélas, ce n'est pas le cas de la grand-mère de Georges! Grincheuse, affreuse et égoïste, elle ressemble trop à une sorcière. Et puis elle a de curieux goûts: elle aime se régaler de limaces, de chenilles...
Un jour, alors qu'elle vient une fois de plus de le terroriser, Georges décide de lui préparer une terrible potion magique. Une potion aux effets surprenants, extraordinaires, hilarants.

Mon avis:

Ce livre n'est pas mon préféré de Roald Dahl même si je l'ai apprécié. J'ai trouvé que c'était un des livres les plus cyniques et où l'auteur se cachait le moins derrière le côté gaité jeunesse pour tempérer ses propos.

Tout d'abord, ce qui m'a tout de suite surprise c'est que pour une fois c'est la grand-mère qui est méchante alors que dans ce que j'ai pu lire jusque là, chez Roald Dahl, elles sont souvent douces sûrement à l'image de sa propre grand-mère (cf. Moi Boy, Roald Dahl).
En lisant les premières pages, j'ai tout de suite penser à ce que Georges pensait aussi: que cette grand-mère était une sorcière au sens propre du terme! Mais contrairement à lui, je me suis demandé si c'était vraiment une? Si cette impression n'était pas fausse.

C'est d'ailleurs à cause de cela que j'ai commencé à avoir des avis contradictoires sur le livre. En effet, même si la grand-mère ressemble à une sorcière, en était-elle une forcément? Pour Georges c'est évident et cela m'a chiffonné. Pour moi, Roald Dahl a voulu critiquer à travers le personnage du petit garçon le jugement hâtif et basé sur l'impression.
Alors que le héros principal de cette histoire devrait se demander si son impression est bonne, il commence déjà à trouver des plans pour se battre contre sa grand-mère alors qu'il n'y a encore quelques minutes il n'imaginait même pas qu'elle puisse être une sorcière!

Par contre, toute la partie sur la réalisation de la potion magique m'a beaucoup amusé. On retrouve le côté jeunesse de Roald Dahl. En effet, je ne pouvais cesser de m'imaginer aux jeux des enfants, qui s'amusent à tout mettre dans une grande casserole pour inventer des repas et des potions magiques! J'ai été replongé en enfance et j'ai essayé de me rappeler quel genre de potions magiques je réalisais étant petite (bon c'était surtout de la terre, de l'eau et du gazon).

Mais je crois que ce qui m'a le plus choqué ce sont les personnages, particulièrement celui du père. Dans cette histoire, j'ai l'impression que les parents ne réagissaient pas du tout convenablement et étaient complètement fous.
Notamment à la fin, qui m'a perturbé, où les réactions des parents me semblent tout à fait dénué d'émotions ou de bon sens! C'est assez bizarre et ça m'a beaucoup déstabilisé.

Pour conclure, ce fut malheureusement une lecture en demi-teinte pour moi. J'ai beaucoup aimé le concept mais l'auteur a fait un pas dans le cynisme! Il ne se cache plus vraiment derrière le côté drôle et enfantin et cela rend l'histoire presque cruelle je trouve. 

lundi 9 janvier 2017

Impératrice


Elle est née dans la fabuleuse dynastie Tang du VIIe siècle.
Elle a grandi au bord du fleuve Long, où elle apprenait à dompter les chevaux.
Elle est entrée au gynécée impérial où vivaient dix mille concubines.
Elle a connu les meurtres, les complots, les trahisons, elle est devenue Impératrice de Chine.
Elle a connu la guerre, la famine, l'épidémie.
Elle a porté la civilisation chinoise à son apogée, elle a vécu entourée de poétesses, de calligraphes, de philosophes. Elle a régné sur le plus vaste empire sous le ciel, dans le plus beau palais du monde.
Elle est devenue l'Empereur-Sacré-Qui-Fait-Tourner-la-Roue-d'Or.
Son nom a été outragé, son histoire déformée, ses mémoires effacées, les hommes se sont vengés d'une femme qui avait osé devenir Empereur, et pour la première fois depuis treize siècles, elle ouvre les portes de sa Cité Interdite.

Mon avis: 

Je crois que je suis tombée amoureuse de l'écriture de Shan Sa! Elle est emplie de poésie et de beauté! J'ai été transcendé par sa plume qui nous fait facilement voir les choses sous un aspect merveilleux et irréel. C'est juste magnifique et je ne me suis pas lassée de son style.
Surtout que cette poésie est très contrastée avec l'histoire qui est pleine de complots, de manœuvres politiques, de guerre, d'émeutes et d'exécution. L'auteur a su très bien équilibré sa poésie face à la cruauté de récit qui est narré dans ce livre.

J'ai d'ailleurs beaucoup aimé le récit dans lequel on est plongé. Il est fait d'enjeux, de pouvoirs et d'autres rebondissements qui fait qu'on assiste à l'ascension d'une jeune fille entrée dans un gynécée jusqu'au titre d'impératrice.
C'est assez passionnant et j'ai été vite transporté dans l'histoire (par son style aussi). Les personnages ne sont pas forcément attachants mais en tant que lectrice, j'étais malgré tout assez préoccupée par leurs sorts.

Par contre, j'ai été très déstabilisée par le nombre impressionnant de nom de dynasties, et de titres propres à l'histoire chinoise. Je ne connais pas le passé de la Chine assez précisément et donc j'ai été perdue dans ce flot de noms et c'est dommage parce que je pense que l'histoire aurait été encore plus haletante s'il n'y avait pas tout cela.
D'ailleurs, petite remarque, mais l'impératrice n'est jamais nommée! C'est fou! On connait son prénom de jeune fille (Lumière) mais c'est tout. C'est une histoire inspirée de faits réels mais on ne sait pas de quelle impératrice l'auteur parle si on n'est pas un peu curieux et qu'on recherche cela sur internet.

Pour conclure, ça été un véritable coup de cœur notamment grâce à la plume merveilleuse de l'auteur qui a su nous transporter dans un univers merveilleux et menaçant, dans la vie d'une femme dont le parcours a été plus que compliqué.

L'enfant allemand


La jeune Erica Falck a déjà une longue expérience du crime. Quant à Patrik Hedström, l'inspecteur qu'elle vient d'épouser, il a échappé de peu à la mort, et tous deux savent que le mal peut surgir n'importe où, qu'il se tapit peut-être en chacun de nous, et que la duplicité humaine, loin de représenter l'exception, constitue sans doute la règle. Tandis qu'elle entreprend des recherches sur cette mère qu'elle regrette de ne pas avoir mieux connue et dont elle n'a jamais vraiment compris la froideur, Erica découvre, en fouillant son grenier, les carnets d'un journal intime et, enveloppée dans une petite brassière maculée de sang, une ancienne médaille ornée d'une croix gammée. Pourquoi sa mère, qui avait laissé si peu de choses, avait-elle conservé un tel objet ? Voulant en savoir plus, elle entre en contact avec un vieux professeur d'histoire à la retraite. L'homme a un comportement bizarre et se montre élusif. Deux jours plus tard, il est sauvagement assassiné... Dans ce cinquième volet des aventures d'Erica Falck, Camilla Läckberg mêle avec une virtuosité plus grande que jamais l'histoire de son héroïne et celle d'une jeune Suédoise prise dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. Tandis qu'Erica fouille le passé de sa famille, le lecteur plonge avec délice dans un nouveau bain de noirceur nordique.

Mon avis:

C'est le premier roman de Camilla Läckberg que j'ai lu et j'avoue que cette lecture donne envie de continuer dans cette lancée. Mais malheureusement je n'aurais pas du commencer avec le quatrième ou le cinquième tome de la série parce qu'il est clair que les personnages principaux ont une histoire et on le ressent par des petits phrases qui soulignent ce passé. J'ai été frustrée de ne pas savoir exactement ce qui se passe mais je compte me rattraper bientôt en lisant les tomes précédents.

J'ai aussi un petit point négatif qui est qu'il y a beaucoup trop de personnages à mon avis! J'ai été perdue au milieu de toutes ces personnes et il m'a fallu un certain temps pour m'y retrouver. C'est sûrement à cause du fait de ne pas avoir lu les tomes précédents mais c'était assez compliqué de s'y retrouver au départ.

J'ai aussi trouvé que certains pans du récit étaient devinables mais j'ai eu la bonne surprise de voir que même si j'avais deviné un bout de l'histoire, cela ne restait qu'un bout et que j'ai été surprise par d'autres aspects de l'histoire, qui compte beaucoup de rebondissements finalement.

Après j'ai adoré l'histoire en elle-même puisqu'elle mêle présent et passé. Et ce n'est pas n'importe quel passé: il s'agit de la Seconde Guerre Mondiale, une des époques qui me fascinent le plus. On est plongé dans une double narration qui mêle enquête policière et histoire de guerre donc j'ai beaucoup apprécié cet aspect.

De plus, l'enquête policière est vraiment intrigante et on ne sait pas sur quel pied danser finalement puisque dès qu'on semble tenir un fil de l'histoire, on se retrouve avec une pelote bien emmêlée et qu'on a beau tirer dessus, on ne la démêle pas si facilement.

Pour conclure, je pense que j'aurais dû commencer par la première enquête de la série pour mieux comprendre celle-ci mais je l'ai beaucoup aimé par son contexte historique et la tournure de l'enquête qui est pleine de rebondissements.

lundi 2 janvier 2017

Baguettes chinoises


Les filles comptent tellement pour des prunes en Chine que certaines familles leur donnent des chiffres pour prénoms. Trois, Cinq et Six sont sœurs et décident de renverser leur bien triste sort en partant pour Nankin, mégalopole tentaculaire et moderne. Arriveront-elles à modifier la vision du monde de leur père ? Troisième roman de Xinran qui se place dans la filiation de Pearl Buck, et nous emporte dans une Chine surprenante grâce à une écriture empreinte de simplicité et de vivacité.

Mon avis:

Dans l'ensemble j'ai bien aimé cette lecture qui est très intéressant à mon avis. On suit le destin de trois campagnardes dans la ville de Nankin, dans la Chine des années 1980 - 1990, cette époque où les filles étaient encore bien inutiles d'après la culture chinoise (en tout cas, c'est comme ça que je l'ai compris en lisant le livre). C'est donc un livre sur la condition féminine en Chine et j'ai trouvé ça assez attrayant. Ces trois filles vont se battre pour survivre et elles vont découvrir une nouvelle vie citadine, largement différente de celle qu'elles ont vécu jusqu'à maintenant à la campagne.

Ce qui m'a beaucoup marqué est cette opposition qu'il existe entre le monde campagnard, représenté par une fratrie énorme composée uniquement de filles et le monde citadin où la loi de l'enfant unique est appliquée. On remarque que même s'ils habitent le même pays, non loin des uns et des autres, ce sont deux mondes complètement différents dont les préoccupations et les valeurs sont loin d'être les mêmes.

Mais, sans vouloir être pessimiste, la fin de cet ouvrage m'a paru irréaliste car trop optimiste à mon goût (promis je n'en dirais pas plus). Je ne sais pas si le but de l'auteur était d'insuffler un peu d'espoir mais moi ça m'a un peu gâché cette lecture pourtant très agréable car je suis presque sûre que dans la vie ordinaire, la fin n'aurait pas été comme ça.

Pour conclure, j'ai beaucoup aimé ce livre pour la culture chinoise de la fin du 20ème siècle et par les inégalités marquantes qu'il y avait à cette époque entre les villes et les campagnes mais son côté un peu trop optimiste à mon goût m'a posé un peu problème.