vendredi 23 décembre 2016

Sur ma mère


La mémoire défaillante de ma mère l'a replongée, pendant les derniers mois de sa vie, dans son enfance. Redevenue soudain une petite fille, puis une très jeune fille tôt mariée, elle s'est mise à me parler, à se confier, convoquant les morts et les vivants.
Sur ma mère a été écrit à partir des fragments de souvenirs qu'elle m'a livrés. Ils m'ont permis de reconstituer sa vie dans la vieille médina de Fès des années trente et quarante, d'imaginer ses moments de joie, de deviner ses frustrations. Chaque fois, j'ai inventé ses émotions et j'ai dû lire ou plutôt traduire ses silences.
Sur ma mère est un vrai roman car il est le récit d'une vie dont je ne connaissais rien, ou presque.

Mon avis:

Je ne m'attendais pas du tout à lire un livre sur la démence, plus précisément Alzheimer, lorsque je l'ai emprunté mais ce fut pour moi une agréable surprise. Pour une fois, cette maladie est abordée de façon simple et on ne nous donne pas des avis d'experts dramatiques. L'auteur a très su bien décrire le cas de sa mère mais sans en mettre des tonnes. C'est simple et sans fioritures et cela rend l'histoire émouvante.

Ce que j'ai aussi adoré c'est ce voyage dans la culture marocaine. Ce n'est pas une culture que je connais beaucoup et je ne lis pas beaucoup de livres nord-africains et donc ce fut pour moi un véritable dépaysement. L'auteur, en décrivant des actes de la vie quotidienne, réussit à nous transposer dans cette culture et nous initie aux habitudes et rituels des marocains. De plus, l'histoire est en fait un entremêlement de récits actuels et de souvenirs que la mère peut raconter et donc, même si on s'y perd de temps en temps, on a l'impression de vivre au Maroc et de voir évoluer ce pays à travers les yeux des narrateurs.

Pour conclure, cette lecture fut pour moi émouvante grâce à sa simplicité mais ce fut aussi un merveilleux voyage aussi bien au Maroc que dans les souvenirs de cette dame touchante.

La femme en vert


Dans une banlieue de Reykjavik, au cours d'une fête d'anniversaire, un bébé mâchouille un objet qui se révèle être un os humain.
Le commissaire Erlendur et son équipe arrivent et découvrent sur un chantier un squelette enterré là, soixante ans auparavant. Cette même nuit, Eva, la fille d'Erlendur, appelle son père au secours sans avoir le temps de lui dire où elle est. Il la retrouve à grand-peine dans le coma et enceinte. Erlendur va tous les jours à l'hôpital rendre visite à sa fille inconsciente et, sur les conseils du médecin, lui parle, il lui raconte son enfance de petit paysan et la raison de son horreur des disparitions.
L'enquête nous est livrée en pointillé dans un magnifique récit, violent et émouvant, qui met en scène, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, une femme et ses deux enfants. Une femme victime d'un mari cruel qui la bat, menace ses enfants et la pousse à bout.

Mon avis:

Encore une fois, Arnaldur Indridason a su écrire une superbe histoire policière! J'aime beaucoup sa façon de partir de deux histoires pour réussir ensuite à les rejoindre sans accroches, sans forçage. Au début, on se demande toujours qu'est-ce qui lie l'histoire racontée et l'enquête mené par Erlendur et petit à petit, les pièces du puzzle commencent à s'assembler sous nos yeux mais l'image reste relativement flou pour qu'on soit encore dans le mystère et le suspens.

Mais, très vite, grâce à cette double narration, j'ai su qui était le mystérieux cadavre et j'avais même une longueur d'avance sur les policiers. C'est un peu frustrant de finalement connaître plus de détails que les enquêteurs sur l'histoire de ce squelette même si l'auteur sait très bien nous tenir en haleine jusqu'à la fin. En effet, la fin m'a plus que surprise et était quelque chose de complètement imprévisible pour moi mais ce n'est pas non plus tiré par les cheveux.

J'ai aussi beaucoup aimé cette histoire de violences conjugales. Ce n'est pas une partie de plaisir mais j'ai trouvé que l'auteur a su très bien décrire l'horreur et les émotions qu'on peut avoir selon sa position dans la sphère familiale (victime, témoin, bourreau). C'est assez fascinant même si j'ai trouvé les scènes horribles.

Un autre aspect que j'ai beaucoup aimé c'est la partie qui concerne Erlendur, l'inspecteur de police. J'ai trouvé que son histoire personnelle est assez touchante et elle permet de mieux cerner le personnage et de comprendre un peu mieux sa personnalité qui est un peu boudeuse et solitaire je trouve.

Pour conclure, encore une fois, j'ai adoré cette enquête d'Erlendur même si j'ai su deviné des petites choses avant la fin.

mercredi 21 décembre 2016

Tendres Plaintes


Blessée par l'infidélité de son mari, Ruriko décide de disparaître. Elle quitte Tokyo et se réfugie dans un chalet en pleine forêt où elle tente de retrouver sa sérénité. Ruriko est calligraphe. Non loin, dans un autre chalet, s'est installé Nitta, un ancien pianiste de renom devenu facteur de clavecins, un homme habité par un calme particulier qui semble absorber les sons des instruments qu'il fabrique. Bien qu'assisté chaque jour dans son ouvrage minutieux par une jeune femme prénommée Kaoru, il vit seul avec un vieux chien aveugle et sourd. Invitée en ces lieux par Kaoru, la calligraphe observe et s'interroge sur la relation du facteur et de son aide. Ainsi elle apprend que Nitta ne peut plus jouer en présence d'autrui, que seule persiste en lui la capacité de vivre avec des sons invisibles. Mais, un matin, la calligraphe surprend Nitta installé au clavecin jouant "Les Tendres Plaintes" pour Kaoru.

Mon avis:

Les tendres plaintes est un livre que je souhaitais lire de puis un certain temps, surtout après avoir lu Le petit joueur d'échecs du même auteur. J'aime beaucoup la plume de cet auteur qui est très poétique et sensible je trouve. La musique, la nature, les actes de la vie quotidienne sont emplis d'une certaine sérénité qui est très agréable je trouve.

J'ai bien aimé cette lecture par son côté apaisant. L'auteur décrit des actes de la vie de tous les jours (rupture, tromperie, travail, etc.) mais d'une façon banale et simple. Ce n'est pas une critique au contraire: elle parle de ces choses sans en rajouter des caisses et sans axer le récit sur une dramatisation de la situation.

Mais malheureusement, j'ai été un peu déçue parce que même si c'était une lecture qui apaise, elle n'a pas fait écho en moi et je n'ai pas été émue. La plume est belle et pleine d'émotions mais je ne l'ai pas ressenti. C'est dommage qu'il n'y ait pas eu ce partage d'émotions.

Pour conclure, j'ai trouvé cette lecture calmante et pleine de simplicité mais je n'ai pas été assez touchée et émue pour que cela soit un coup de cœur.

Plume fantôme


Nègre littéraire, Jenni écrit les autobiographies de ses clients, satisfaite par ce travail de l'ombre qui l'empêche de se confronter à ses propres blessures. Lorsqu'elle rencontre Klara, survivante d'un camp d'internement à Java durant la Seconde Guerre mondiale, l'écriture de ses mémoires prend l'allure d'un échange, et les deux femmes s'aident mutuellement à trouver l'apaisement.

Mon avis:

C'est pour moi une lecture partagée entre deux sentiments contradictoires. J'ai surtout beaucoup aimé l'histoire qui se passe pendant la Seconde Guerre Mondiale. C'était assez intéressant d'avoir un "témoignage" de cette époque, surtout qu'il ne s'agissait pas d'une histoire se passant en Europe comme la plupart des histoires se passant à cette époque. Pour une fois, on parle des japonais et de leurs camps d'internement.

Mais malheureusement, la plume de l'auteur ne m'a pas forcément plu. J'ai trouvé que c'était une lecture assez légère malgré l'histoire racontée. On aborde l'histoire des camps d'internement d'une telle façon que ça n'a pas l'air si "dramatique" que ça. On raconte des choses en les faisant passer pour des évènement horribles mais en lisant ce livre j'avais l'impression que les évènements sombres étaient malgré tout pas abordés.

De plus, je trouve qu'on retrouve des clichés dans la vie des protagonistes. En effet, leurs actions et leurs sentiments sont assez prévisibles. Beaucoup des actions étaient facilement devinables et attendus. Je n'ai pas eu de grande surprise pendant cette lecture, ce qui est dommage.

Pour conclure, j'ai trouvé le sujet intéressant mais j'aurais aimé un développement qui semble plus réel et moins sentimental.

mardi 20 décembre 2016

La cuisinière


Immigrée irlandaise courageuse et obstinée arrivée seule à New York à la fin du XIXe siècle, Mary Mallon travaille comme lingère avant de se découvrir un talent caché pour la cuisine. Malheureusement, dans toutes les maisons bourgeoises où elle est employée, les gens contractent la typhoïde, et certains en meurent. Mary, de son côté, ne présente aucun symptôme de la maladie. Au contraire, sa robustesse est presque indécente. Des médecins finissent par s'intéresser à son cas, mais la cuisinière déteste qu'on l'observe comme une bête curieuse et refuse de coopérer. Pourquoi la traite-t-on comme une malade alors qu'elle est en parfaite santé ? Les autorités sanitaires, qui la considèrent comme dangereuse décident de l'envoyer en quarantaine sur une île au large de Manhattan. Commence alors pour Mary Mallon, femme indépendante, un combat à armes inégales pour sa liberté...

Mon avis:

J'ai été très surprise d'apprendre que cette histoire est inspirée d'une histoire vraie, celle de Mary Typhoïde, premier cas recensé de porteuse saine de la typhoïde. J'ai trouvé que ce fond historique était très intéressant et j'ai pu remarqué que l'auteur respectait bien les faits qui nous sont rapportés aujourd'hui.

J'ai aussi trouvé que l'histoire était très émouvante. On arrivait bien à comprendre ce que le personnage principal et les autres pouvaient ressentir et cela rendait la lecture vivante.
Grâce à cela, on était néanmoins pris dans un dilemme assez désagréable mais très intéressant concernant le sort de Mary Mallon. D'un côté, on comprend les raisons des autorités sanitaires car Mary représente un danger mais on comprend aussi que celle-ci ne souhaite pas mise en quarantaine alors qu'elle n'est même pas malade! Tout cela nous pousse à réfléchir sur le dilemme liberté individuel et protection de la population.

Mais malheureusement, j'ai trouvé que l'histoire trainait un peu en longueur et il m'arrivait de m'ennuyer dans certains passages car ils ne se passaient pas grand chose de nouveau à mon avis. C'est dommage parce que je suis sûre que j'aurais beaucoup plus apprécié cette œuvre si elle avait été abrégé de quelques pages.

Pour conclure, j'ai beaucoup aimé ce roman basé sur des faits historiques vrais mais j'ai trouvé que l'histoire était un peu longue.

Les amis du crime parfait


Le club des Amis du crime parfait réunit périodiquement, dans un café madrilène, un groupe hétéroclite d'amateurs de romans policiers. A son programme, des discussions animées sur les grandes figures du genre et, surtout, l'élaboration collective d'un chef-d’œuvre, la mise au point d'un crime parfait. Chaque " ami " est désigné par le nom de son héros fétiche : Poe, Maigret, Nero Wolfe, Perry Mason, ou encore Sam Spade, le narrateur, de son vrai nom Paco Cortés. Dans cette Espagne de la fin des années 1980, la démocratie est encore fragile et l'actualité offre de la matière à la littérature noire, à commencer par le coup d’État du 23 février 1981. C'est dans ce contexte que le beau-père de Paco, alias Sam, est assassiné. Il ne reste plus qu'à mener l'enquête sur les raisons de la mort de ce sulfureux personnage.

Mon avis:

Premièrement j'ai trouvé que ce livre était extrêmement compliqué à suivre à cause des multiples noms. Déjà qu'on pas mal de personnages différents, il a fallu que l'auteur donne des surnoms à certains d'entre eux, ce qui a achevé de me perdre.

De plus, j'ai trouvé le début long, très long. Finalement le meurtre arrive très tard dans le récit et toute une première partie ne me semble pas forcément pertinente. On a l'impression de trépigner avant l'arrivée de l'affaire à proprement parler. On attend que le meurtre se produise et on ne le voit pas arriver, c'est assez frustrant.
De plus, comme le meurtre arrive tardivement, la résolution du problème est vachement rapide à mon goût même si les raisons qui ont poussé le meurtrier à ce crime sont assez intéressantes.

Mais par contre, j'ai beaucoup aimé l'aspect historique de cette histoire. On est plongé dans une Espagne encore instable après la dictature de Franco avec des coups d'état et l'histoire refait sans cesse surface dans la vie de protagoniste. C'est assez intéressant je trouve. 

Pour conclure, je n'ai que moyennement apprécié cette lecture, car très déçue par le côté policier qui n'était pas là à mon goût. Cela ressemblait plus à un roman historique qu'à un roman policier.  

The happy prince


 * les articles des lectures en langue étrangère sont écrites dans la langue du livre puis en français.

A gold statue, who cry buckets, a young man search a red rose to seduce the woman he loves, a giant who doesn't want children playing in this garden...
For childs and adults, five tales full of malice and fantasy to discover the talent of Oscar Wilde.

My views:

I really like Oscar Wilde's story because there a lot of animals (particulary birds) and fantastic creatures. It gives a child side to the story and it is like La Fontaine's fables. It is interesting to read it because the caracters are birds, giants, firecrackers, etc. The nature is very present, which give to the story a pastoral atmosphere. I wanted to discover the Oscar Wilde eccentric universe, so it was pleasant to read it. 

But I was marked by reccurent theme of death and sacrifice in this stories. It is very strange to find a childhood universe with these dark and morbid leitmotiv. I also found taht Oscar Wilde talk a lot about the opposition between selfishness and generosity. For me, the author wanted to add moralities in his stories in order to encourage people to have thoughts about these questions.

To conclude, I really like to discover Oscar Wilde universe and I had a great time with this little stories, full of morality. 

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Une statue dorée qui pleure à chaudes larmes, un jeune homme à la recherche d'une rose rouge pour séduire celle qu'il aime, un géant qui ne veut pas que les enfants jouent dans son jardin...
Pour les petits et grands, cinq contes pleins de malice et de fantaisie pour découvrir tout le talent d'Oscar Wilde.

Mon avis:

J'ai bien aimé les histoires d'Oscar Wilde parce qu'elles sont peuplés d'animaux (plus particulièrement d'oiseaux) et d'animaux fantastiques. Cela donne un côté enfantin à l'histoire et je trouvais qu'il y avait un air de ressemblance avec les fables de La Fontaine. C'est intéressant de trouver des personnages principaux sous la forme d'oiseaux, géants, pétards, etc.  La nature est très présente ce qui donne aux histoires une atmosphère bucolique. Je voulais découvrir l'univers excentrique d'Oscar Wilde donc c'était vraiment plaisant à lire.

Mais j'ai été marqué par les thèmes récurrents de la mort et du sacrifice dans ce recueil. C'est assez étrange je trouve, d'être plongé dans un univers enfantin avec ces leitmotiv sombres et morbides.
J'ai aussi trouvé que Oscar Wilde parle beaucoup de l'opposition entre l'égoïsme et la générosité dans ces histoire. Pour moi, il voulait sûrement ajouter à ses histoires une dimension morale, permettant aux enfants et aux adultes de réfléchir sur ces questions-là.

Pour conclure, j'ai beaucoup aimé découvrir l'univers d'Oscar Wilde et j'ai passé un bon moment avec ces histoires pleines de leçons.

mardi 13 décembre 2016

Les irrésisitibles recettes de Roald Dahl

Des ces Irrésistibles Recettes, vous trouverez le secret des régales délicieusement épouvantables qui émaillent les histoires de Roald Dahl: boissons et plats de résistance mais aussi bien sûr gâteaux et bonbons...
"Frambouille", "Enorme crocodile", "Tarte aux oiseaux", "Spaghetti aux vers", "Surprise croustillante Wonka aux noisettes"... figurent dans ce livre gourmand que les fans de tout âge de Roald Dahl dévoreront.

Mon avis:

Ce n'est pas un livre de Roald Dahl mais de sa fondation, qui a repris ses grands succès en cuisine. Mais pour moi, ce livre contient des points positifs et malheureusement négatifs.

Tout d'abord, j'ai encore une fois adoré le fait d'être embarqué dans l'univers de Roald Dahl même si cette fois-ci ce n'est pas un roman mais un recueil de recettes inspirés de ses histoires. Finalement, en voyant la recette de la frambouille ou du jus de pêche (James et la grosse pêche), etc. cela fait émerger des souvenirs agréables en la compagnie de ses livres.

De plus, Quentin Blake, l'illustrateur des œuvres de Roald Dahl, a accepté de dessiner pour ce livre. Ses dessins interagissent avec les photos prises de plats, ce qui rend le livre agréable et drôle. Et encore une fois, on est plongé dans cet univers qu'on connaît si bien.

Mais par contre, j'ai été déçue par les recettes proposées en général. Certaines me paraissaient "faciles", on a l'impression que c'est du bricolage qui a été fait pour monter la recette et qu'on n'a pas trop passé du temps dessus. Et puis d'autres me paraissaient compliquées parce qu'on se retrouve avec une liste importante d'ustensiles et d'ingrédients. Finalement, j'avais l'impression qu'il fallait une tonne d'ingrédients pour quelque chose qui n'était pas si extraordinaire à l'arrivée.

Je n'ai fait au final qu'une seule recette, celle de la frambouille. J'avais eu assez peur au départ du résultat mais finalement j'ai trouvé ça désaltérant et agréable. De plus ce n'est vraiment pas facile à faire!

La frambouille